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juin 20, 2006

Exploit au Sommet du Mont-Blanc

Montblancpremanip_025_1 Véronique Billat, directrice du LEPHE à Evry, fleuron de la science de l’entraînement sportif, peut être fier de son succès. Cette chercheuse hors pair vient, en effet, de recueillir, en continu, les premières données concernant la consommation d’oxygène ainsi que les adaptations physiologiques (cardiaques, respiratoires et énergétiques) d’un être humain au cours de l’ascension du Mont-Blanc. «On peut désormais établir une feuille de route physiologique d’un individu pour l’aider à gravir mais surtout à descendre dans les meilleures conditions», explique la chercheuse.

Les seules mesures de terrain disponibles ont été prises en 1983, au sommet de l’Everest, par une équipe de scientifiques américains. Mais elles sont inexploitables. Les ampoules qui ont servies à recueillir les échantillons d’air expiré n’étaient pas hermétiques. De plus, les données analysées à postériori ne permettent pas de rentrer compte des différentes adaptations physiologiques du corps humain en plein effort.

L’équipe qui fut composée du guide Benoît Profit (39 ans), du cinéaste Antoine Bonfils (34 ans) et de la Physiologiste et Directrice du LEPHE, Véronique Billat(45 ans). Ils ont réussi l’exploit de monter sur leur dos les outils nécessaires à de telles mesures y compris l’ordinateur portable (sacs portés entre 12 et 28 kilo de Véronique à Benoît).

Si cette première expérimentation, menée en partenariat avec la mairie de Saint-Gervais, représente déjà un grand pas au niveau scientifique, médical et industriel, ce n’était qu’une répétition générale avant le test à grand échelle. Le week-end du 23 juin, ce sont, en effet, huit volontaires néophytes et alpinistes, équipés d’analyseurs de gaz, qui tenteront l’ascension du Mont-Blanc dans des conditions similaires. Montblancpremanip_028Montblancpremanip_024 Montblancpremanip_046 Montblancpremanip_007

500 km de course hallucinante

Ce n'est pas la fleur au fusil que mon pote Antoine et moi étions partis courir le raid pédestre Valencia/Montpellier, une course en semi autosuffisance en huit étapes et dont nous avions gagné une partie des droits d’inscription. Ceci étant, nous étions confiant, certain que tout allait bien se passer. La veille du départ, on a eu la bonne idée d’aller voir le film «camping» - vu qu’on dormait dans les campings espagnols -, histoire d’avoir des munitions de blagues à se raconter pour alimenter ce long périple. Ah ! On rigolait bien avec notre mega paquet de pop corn.

Sur la course, c'était pareil. On s'est perdu maintes et maintes fois (on n'a d'ailleurs pas toujours compris la logique du balisage); on a longé des autoroutes épouvantables, trottiné sur des ballasts de chemins de fer ainsi que sur des galets énormes ; on a mangé des oranges ; on a fait du stop, on s'est pris une paire de chien en embuscade ; (en Espagne, les chiens sont partout et aboient à longueur de temps ; du coup, il faut parfois les mater) ; on s'est fait peur sur les crêtes de Catalogne ; on a eu mal aussi, surtout Antoine qui a été contraint d'arrêter au bout de la cinquième étape. Ce n'est pas faute d'avoir combattu jusqu'au bout la douleur. Mais parfois, il faut savoir s'arrêter. Quoiqu'il en soit, le lendemain, il s'est débrouillé comme un maître pour la mise en place du ravito lors du passage de la frontière. Je suis repartie tellement pompette que j'ai raté la balise. Je me suis retrouvée au fond de la vallée. Ensuite,il a fallu remonter.

Je ne suis pas prête d’oublier la via ferrata ni le pont suspendu. J’ai tenté de minimiser l’obstacle jusqu’au bout. Mais quand il a fallu y aller, j’ai cru que j’allais me pisser dessus de peur. Surtout lorsque le serre-file Paco m’a balancé, alors que j’étais collée contre la falaise :"si tu trouves pas ton appui, je lâche tout et on saute dans le vide !" J'ai appris, par la suite que mon équipier lui avait filé un bifeton pour me jeter dans le trou...Merci Paco !

En conclusion, je dirais que cette course aura été une aventure humaine très intense, encore plus forte que le Marathon des sables. Le fait que nous n’étions que vingt a permis de tisser des liens très forts entre nous tous. Le dernier jour, il fallait être à 13 heures à Montpellier. Cette contrainte signifiait que les derniers allaient être éliminés. Du coup, les premiers ont levé le pied et l’organisateur a dû arrêter la course avant l’arrivée ! Et nous acheminer en bus, pour participer à la marche d’amitié avec les enfants malades (voir photos). J’ai mis au moins un mois à redescendre de mon petit nuage .Raid Montpellier Raid_valencia_montpellier_0381 ValenciaMarche2 Raid_valencia_montpellier_coupe Passeo Sebetmumu

avril 13, 2006

Marathon de Paris 2006

Marathon Un an déjà que je n’ai pas donné signe de vie. Je cours toujours et de plus belle. Mais le temps me manque pour raconter toutes mes courses. J’en ai fait une bonne quinzaine. Cette fois, je reprends la «plume» pour le marathon de Paris qui s’est déroulé ce dimanche 9 avril. Un Marathon un peu spécial puisque je me suis portée volontaire pour participer à une expérience scientifique inédite, menée par Veronique Billat, directrice du LEPHE à Evry (www.billat.net), fleuron de la recherche en science de l’entraînement. L’objectif du test consistait à comprendre ce qui se passe à l’intérieur du corps lors d’un marathon. Véritable phénomène de société, cette épreuve n’est pas sans risque au niveau cardiovasculaire. Pour mesurer l’activité cardiaque et respiratoire, j’ai, donc, été équipée d’un analyseur de gaz (K4B2), d’un holter (appareil qui mesure l’activité cardiaque) relié à une quinzaine d’électrode fixées sur la poitrine, le tout soutenu par un gilet en maille crocheté ainsi que de deux cardiofréquencemètres Polar au poignet. Soit un bon kilo de high-tech.

Ce n’est, réellement, que le dimanche, à 7 heures du matin, sous la tente Gaz de France, que j’ai pris conscience de ce qui m’attendait. C’était à la fois grisant (participer à une expérience scientifique aussi grandiose) et effrayant (comment allais-je gérer la course avec tout ce matos ?)Les 10 premiers km se déroulent super bien. Je suis déjà comme sur un petit nuage. Même si….Le rhume des foins contracté quelques jours plus m’oblige à me moucher comme je peux tous les ¼ d’heure. De la condensation se forme régulièrement à l’intérieur du masque. Le bruit généré par les appareils s’apparente à ceux d’une centrale électrique (heureusement j’ai un lecteur MP3) Ingurgiter un gel n’est pas toujours évident. Ça coule à côté. Je n’arrive pas à aspirer le liquide. Je ne dois pas être douée. Mais je persiste à vouloir tout récupérer, à l’image d’un clébard décidé à sucer son os jusqu’à la moelle. Les bénévoles des ravitos sont morts de rire. Ils me tendent des morceaux de banane. Je décline poliment en rigolant avec eux. Des coureurs me questionnent sur l’objectif de cette expérience. Certains croient que je respire des gaz à effet de serre, d’autres des gaz hilarants (c’est vrai que j’avais toujours le sourire) ! D’autres me taquinent. J’ai droit à tous les sobriquets (Dark Vador, Robocop, Tortue Ninja). Je m’en tape, je participe à une expérience tellement incroyable que ça me booste. Le masque glisse de temps en temps. Je parviens à le caler sous le menton. Ce n’est pas top mais ça tient. Du 10 au 15 km, la traversée du Bois de Vincennes est un peu longue. Je découvre, par ailleurs, le nombre impressionnant de gens qui sont déjà dans le rouge. Certains, très essoufflés, avancent comme des zombies.

Le retour au milieu de la foule urbaine me fait de nouveau frissonner. L’équipe scientifique vient à mon secours pour vérifier l’enregistrement des données et me resserrer le masque. Ça va beaucoup mieux. L’entrée sous le tunnel me stresse un peu. La sortie sera l’un des moment le plus fort de cette course. Je l’effectue à côté d’un athlète vosgien prodigieux. Unijambiste, il est aussi gracieux qu’une gazelle. Je le salue. Il me fait un grand sourire. On fait un bout de route ensemble. Je le double. Il me double. On fera ainsi le yoyo pendant une bonne dizaine de kilomètres. Puis, on se perd. Au 35 km, je marche 10 secondes. Une datte et ça repart. (Et dire que quelques kilomètres auparavant, il y avait même un stand d’huître !) Je pense à mes amis du Marathon des Sables qui doivent en chier avec le vent et le sable. Et puis, petit à petit, je me mets à accélérer. Je remonte la file. Je ne suis pas au bout de moi-même. Je n’ai pas tout donné, je le sais. Mais je me sens bien, à la fois zen et heureuse. Je franchis la ligne d’arrivée (en 4H42) avec le sentiment d’avoir super bien géré la course. En pleine forme…et prête à repartir. Par de là le pur chrono, c’est aussi cela réussir un Marathon.

Voir la vidéo (Le magazine de la Santé sur France 5, émission du 10 avril, rubrique marathon)

Le Magazine de la Santé

Veronique Billat

avril 29, 2005

Trop contente

Les pommes de terre cosmiques ne sont pas parties en purée. En tant que chef d'équipe, je me devais de gérer la crise qui secoue mon équipe après le Marathon des Sables. On a trouvé, en effet, le moyen de s'engueuler sur la ligne d'arrivée. J'avais demandé à mes équipiers de m'attendre pour franchir la ligne. J'y tenais comme à une diamant. Il ne l'on pas fait. Donc, j'ai un peu râlé. Visiblement, mes co-équipeirs étaient tellement chargés en émotions que l'on ne s'est plus parlé pendant trois semaines. C'est trop con car on est potes. Mais je prends note du type de problème qui peut survenir lors d'un raid. Je rappelle que lors de cette épreuve, la dernière étape est une véritable délivrance pour bon nombre de concurrents qui finissent à cloche-pied avec des bâtons, récupérés à droite à gauche, voire les pieds en lambeaux. En conclusion, je dirais qu'il faut laisser le temps au temps mais surtout ravaler sa fierté et gérer les emmerdes avec humour si possible. J'ai été émue très de la réaction d'Antoine qui a litérallement pleuré, après l'envoi de mon SMS de réconciliation. C'est dans ces moments difficiles que l'on juge la solidité d'une équipe. Et là tout est cimenté comme dans du béton.

On n'est pas près de partir en purée !

Dame Ginette (c'est l'un de mes innombrables surnom)

avril 27, 2005

«Désir, plaisir, souffrir»

Nathalie_1 A tout ceux qui me demande pourquoi je cours, je leur réponds que, en pratiquant ce sport, je me sens comme sur un petit nuage. Oui mais tu souffres ? C’est vrai, parfois, ça fait terriblement mal. Rappelons que l’homme, ce bipède sans plume, est animé par deux choses : l’instinct de conservation et la volonté de dépassement. Cela forme un équilibre précaire qui menace de rompre à tout instant. Voilà comment un jour, je ne sais pas par quel processus physico-chimique, on se sent pousser des ailes pour aller repousser ses limites. J’aurais pu me lancer dans le Shaolin kung fu, en Chine. Avec les belles guirlandes d ‘ampoules qui me décorent régulièrement les pieds, j’aurais passé sans problème l’épreuve des braises !

Ceci étant, rien ne semble mieux illustrer ma devise que la chanson phare «Désir, désir», interprétée par Laurent Voulzy et Véronique Jeannot (et que j’avais, évidemment, dans ma playlist). Cette année, une question me taraudait : est-ce que j’allais être capable de me farcir à nouveau 250 km avec tout ce que cela implique comme souffrance à encaisser. D’autant que cette année, on nous promettait un parcours chevronné. Il le fut. Je ne suis pas prête d’oublier cette fameuse falaise à 33 %. Composé de sable et de gros cailloux, on priait pour qu’il n’y ait pas d’éboulement. Un concurrent a, d’ailleurs failli se prendre un rocher sur la tête. Et dire que Michel Bach, célèbre figure du MDS, et son ami Didier (aveugle) l’on grimpé de nuit. Respect !

Je pense que, cette année, j’ai appris à mieux gérer l’effort et la douleur. Notamment sur l’étape des 76 km. Il s’agit pour l’immense majorité des coureurs, d’une longue étape de nuit, avec toute la complexité, et la magie, que cela sous-entend. Cette épreuve est assez éprouvante.Tellement que je suis victime d’une sorte de délire hallucinatoire. Pendant près de cinq heures, je suis persuadéé que des arbres bordent le parcours. Je vois des personnages vêtus de capes noires, à l’image de ceux qui évoluent dans le "Seigneur des Anneaux" (non j’ai pas fumé !). C’est assez perturbant et j’avance, donc, moins vite.

Par ailleurs, pour ne pas aggraver mes ampoules, j’ai choisi, d’emblée, de trekker avec des bâtons plutôt que de courir. Allure 5/6 km/h, en m’arrêtant à chaque fois aux CP, pour déchausser les pompes, sécher les chaussettes et manger. Le temps que l’on perd ici, on le récupère physiquement. En clair, on franchit la ligne d’arrivée moins cassé que ceux (mis à part les pro évidemment) qui enfilent les kilomètres sans s’arrêter. Beaucoup de concurrents inexpérimentés avançaient, en effet, comme des zombies, terrassés par la souffrance. Même si dans le MDS, il y a une forme de masochisme, il faut aussi qu’il y ait du plaisir. Sinon, une fois l’épreuve terminée, on risque d’être dégoûté de la course. C’est ce qui m’était arrivé l’année dernière. Plus envie de courir pendant deux mois.

Autre point important : la gestion de la douleur. Cela tient en un geste : ne pas se crisper lorsque l’on a mal mais au contraire se détendre pour accomplir les mouvements le plus naturellement possible. Plus facile à dire qu’à faire. Mais au bout de cinq dix minute, on y arrive.

Après trois tempêtes de sable, une bronchite asthmatique, des poussées de fièvre, seulement six ampoules dont deux beaux gyrophares (contre 18 l’an passé), deux belle gamelles dans l’oued sur la rotule, je m’en tire bien. Sans aucune courbature. J’aurais, d’ailleurs, bien fait deux étapes de plus ! Pour l’anecdote, Je les ai faites L_arrive_est_derrirejpg  dans la boîte de nuit de l’hôtel Bel Air à Ouarzazate !

Seule ombre au tableau : Coup d’état au sein de mon équipe. «Les pommes de terre cosmiques» sont parties en purée. Mes équipiers ne me parlent plus. On s’est fâché sur la ligne d’arrivée. Je leur avais demandé de m’attendre. Ils ne l’ont pas fait. J’ai un peu râlé. Ils l’ont mal pris. Et de puis ne m’ont pas adressé la parole. C’est vraiment trop con.

PS : merci Françoise pour les photos !Etape5lesoir

avril 02, 2005

Conserve Photo0025 Photo0026

Voilà, ça y est, j'ai fait mon sac. 14154 calories pour un poids de 6,334kg (sans l'eau). L'année dernière j'en portais douze. Cette année, j'ai dû faire des choix. Comparé à mes coéquipiers qui, eux, ont des repas très variés et appétissants, ça va être spartiate. Je mange un peu près la même chose tous les jours. Pas bien grave car depuis des mois, je fais une cure de légumes. Le revers des courses nature, ce sont, en effet, les ravito et les pasta party. J'ai tendance à me ruer dessus, croyant que l'effort permet d'éliminer. Or, c'est comme cela que j'ai pris du poids. Et plus on est lourd plus l'onde de choc ( et l'impact sur le cerveau ! j'ai pas envie de finir dans un HP !) est violente.  Alors j'ai changé de stratégie. Je mange des sucres lents (pains, lentilles,pâtes...) en tout petite quantité. Je suis un régime chronobiologique (c'est la nuit que l'on fait du gras !) Le matin, je mange des protéines (jambon, poisson - eh oui !), légumes (endives, haricots verts , salsifi, pousses de soja, coeur de palmier...), un peu de pain et des yaourts. Le midi, ça dépend de mes obligations professionnelles. Si j'ai un déjeuner boulot, pas trop le choix. Mais le lendemain, je compense avec un sachet proteiné. Le soir, c'est vraiment strict minimum sauf lorsque je vais en boîte de nuit !!! Mais quand j'ai une fringale et c'est mon ptoblème car je suis gourmande, je mange des légumes. J'ai toute une étagère de boîtes de conserves dans mon bureau ! j'en stocke tellement qu'on me demande si, en accumulant autant de bouffe, je ne vis pas à l'époque de la Seconde Guerre Mondiale !Quoiqu'il en soit, donc, je vais apprécier coucous, purée, crème à la banane. Je n'emporte pas de barres. Voici mon alimentation sur une semaine :

Purée mousseline à la crème (250 g, 2000 calories) à laquelle j'ai rajouté du lait entier en poudre

Graine de couscous ( 200 g soir 716 calories)

Pemmican (200g ; 2048 calories - nourriture d'indien à base de viande séchée, de gras, de baies, de fruits, céréales.... que je mélange avec la purée et le couscous) Faut l'avaler !

640 ( aliment  sucré en poudre très puissant pour le petit déj; 4480 calories soit un kg environ...et en plus c'est bon)

Adep (poudre salé arôme poule ; 452 calories dans 120 gr) Parfait pour la longue étape ou quand le sucré ne passe plus.

Compote lyophylisée ( c'est avec le riz au lait le seul produit lyophilisé que j'ai acheté tout prêt dans les magasin spécialisés)

Riz au lait lyophilisé (100g ; 598 calories) auquel j'ai rajouté lait entier en poudre, raisins sec, sucre et canelle)

Noix de cajou (250 g ; 1200 calories)

Raisins sec (125g ; 300 calories)

Boisson isotonique Hydrixir ( 700 calories - 525 gr; c'est un peu lourd mais ça permet de maintenir le taux de sucre)

5 mini cakes Inkosport aux dattes et noisettes (500 calories) ; ce sont mes petites douceurs.

Nouveauté cette année : je n'emporte pas de bidons (60 gr) mais des bouteilles en plastiques Vittel spécial sport (22 gr)car c'est moins lourd !

avril 01, 2005

J-7

Dans une semaine, je vais m'envoler pour Ouarzazate, au Maroc, effectuer une nouvelle traversée du désert à l'occasion ddu traditionnel Marathon Des Sables. Toute l'équipe est un peu sous pression depuis un mois. Pour décompresser, je vais en boîte de nuit, au Pousse au crime précisément. C'est une boîte où je me sens un peu comme chez moi. La musique est complètement hors du temps mais l'ambiance est très sympa. Il n'empêche que,pour la première fois, j'ai la trouille. L'épreuve sera plus longue (250 km) et ça va grimper sec. Je pars avec une entorse, doublée d'une dendinite, aux deux orteils. C'est pas de chance mais il va falloir faire avec. Ceux qui me lisent peuvent me soutenir, par mail, à partir du site : www.darbaroud.com ; dossard N°270. Je vais en avoir besoin.

février 20, 2005

Passage à vide

Mespompes Mon trésor de guerre n'en finit pas de s'accumuler. J'en suis à ma 15ème paires de running. Mais je ne cours pas plus vite pour autant ! Ces dernières semaines furent d'ailleurs assez laborieuses en terme de motivation. Autant pour moi que pour mon co-équipier Antoine Legueux. Alors, nous avons sagement pris la décision de nous reposer et de nous mettre au régime. Lentille/pâte pour Antoine et légumes/poisson pour moi.

Aujourd'hui, ça y c'est reparti. Après le parc de Saint-Cloud, la forêt des Fausses-reposes, je hante désormais les bois de Meudon. Car cette année le MDS sera placé sous le signe du dénivelé. Et oui, il y aura de la grimpette. Ce sera le désert vu d'en haut...mais je ne vous en dis pas plus.

février 07, 2005

C’est arrivé à Saint-Genêt Malifaux

Trailtrophyalexjpg Belle réussite pour la première édition du Trail Trophy», organisé le 6 février Trailtrophy par Benoît Laval. La neige mais aussi la glace étaient au rendez-vous. Le parcours très varié et en dent de scie alternait passage dans les pinèdes et le long de cascades de glace, descente dans les gorges, grimpette de marches verglacées. Si un jour, on m’avait dit que j’irais fouler la poudreuse aux alentour de ce bourg situé à

12 km

de Saint-Etienne, je n’y aurais pas cru. Mais voilà, depuis que j’ai mis le pied dans les courses nature, je n’arrête plus de bourlinguer. C’est aussi cela la magie du trail : courir pour découvrir une région, s’arrêter et prendre le temps de respirer le paysage, rencontrer ses habitants.

Pour l’anecdote, je ne suis jamais autant marrée que lorsque j’ai pénétré dans le troquet du village de Planfoy. C’était une ambiance de bar de province, le dimanche à l’apéro avec tout le gratin des personnages locaux collés contre le bar. Un vrai film. J’avais perdu 2 gourdes sur 3 (c’est la première fois que cela m’arrive) J’étais à sec.et j’en avais marre de manger de

la neige. Les

ravitaillements étaient encore loin. Les habitués m’ont dit que l’eau ce n’était pas bon pour le test anti-dopage….et ils ont failli me mettre du Ricard dans

la gourde. Je

leur ai dit : «déconnez-pas les gars, sinon vous allez devoir organiser une battue dans la forêt pour me retrouver !»

Trailtropcascade2jpg Trailtrophycascadejpg Trailtrophysapinjpg Trailtrophydepartjpg Trailtrophyfilejpg Trailtrophympjpg Seul regret : mon co-équipier n’était pas très en forme. Il s’est arrêté au

22 km

(au lieu de

33 km

). Esprit d’équipe oblige, j’ai fait de même.

janvier 03, 2005

Marathon des Dunes : Les dessous d'une course rocambolesque

Mddtente_2 Les fêtes de fin d’année sont parfois pleines de surprises. Des surprises si Mddalexbedouin_1 marquantes que l’on se les remémore, toujours, des mois après. Ainsi en est-il du Marathon des Dunes qui s’est tenu du 28 au 4 janvier dernier, dans l’oasis de Tinerkouk, située à 70 kilomètres de Timimoun, dans le Sahara Algérien. Sportivement parlant, le Marathon des Dunes, c’est un peu comme le Canada Dry. Cela ressemble à un marathon dans le désert mais sans l’être vraiment. La compétition se compose, en fait, de trois étapes de 14 km. Les dunes, belles à croquer, vous tendent les bras. Mais, désolée, Mesdames, pour le râteau, la course se déroule sur du bitume. Heureusement, les amateurs de poudreuse dorée pouvaient, l’après-midi, accomplir en solitaires, leurs figures acrobatiques favorites.

Côté frisson, nous n’avions pas à nous plaindre. Moins 6 degrés la première nuit, sans duvet (équipement estimé inutile par l’organisation), cela forge le caractère. Le lendemain matin, l’expression des visages des concurrents frigorifiés comme des Hibernatus, et déambulant comme des pingouins au beau milieu du réfectoire, après une demi-heure d’attente dans le froid, en disait long sur la divine nuit passée sous la tente. Et sans électricité pour certains ! Ce qui, pour le journaliste tourisme venu juger de la qualité des installations était très fâcheux. Remercions, en passant, ce bricoleur tenace qui a réussi à remettre le courant !

Pour ce qui est de la course, ce fut un peu le fiasco. Ainsi, les départs donnés parfois avec une heure et demi de retard, conjugués aux changements surprise des tracés (trois fois en l’espace d’une nuit, voire une demi-heure avant le départ), à l’annulation de la première étape pour cause d’erreur de balisage sur l’unique route du circuit (là, ce fut le clou) ainsi qu’aux ravitaillements fantômes, attestent de la pagaille.

Certes, organiser un évènement dans le désert n’est pas simple. Il y a parfois des imprévus qui font partie du côté aventure de ce genre de séjour. Sauf que, à force de s’abriter derrière l’argument des aléas, on finit par cautionner des produits mal ficelés ou mal ciblés. Du coup, la qualité baisse et ce n’est pas rendre service au pays qui nous accueille. Une fois encore, les grands perdants sont, malheureusement, les Algériens. Ils ne le diront pas expressément car c’est un peuple très fier. Mais beaucoup de regards en disaient longs.

Le comble est que tous les ingrédients étaient réunis pour que ce soit une réussite : bon esprit des concurrents, paysages sublimes, accueil plus que chaleureux des habitants qui nous ont ouvert leur maison, leur potager et servi le couvert sans aucune arrière pensée, absence de mendicité, coût de la vie dérisoire (on n’arrivait pas dépenser nos 20 euros), nourriture locale (semoule, dattes…) et eau en quantité largement suffisante.

Alors, que s’est-il passé ? La communication, tout d’abord : complètement inexistante voire très folklorique par moment. Un comité d’accueil avec du thé et un espace pour se retrouver auraient permis aux participants de faire connaissance. Il aura fallu attendre le dernier soir pour que des tentes soient montées dans la cour centrale de l’école. L’alimentation était, par ailleurs, souvent insuffisante voire inadaptée, sauf au petit-déjeuner. Parfois, on devait se contenter d’une louche de soupe et d’un œuf dur. Pâtes, semoule auraient dû être ajoutées à chaque repas. C’est simple, pas cher et essentiel. Seul le pain était à volonté. L’idée de faire plaisir avec des frites a été un fiasco total. Normal, deux friteuses pour 600 personnes, le défi n’était pas tenable. Enfin, l’emplacement du bivouac à Tinerkouk était un peu isolé. La ville de Timimoun aurait été préférable, d’autant plus qu’il y avait un parcours splendide en face de l’hôtel phare de la ville.

Mon but n’est pas de démolir gratuitement cette course, ni les autres, d’ailleurs, qui pourraient mal se passer, mais au contraire de les améliorer. Au bout de la cinquième édition, on n’a, cependant, plus le droit de se tromper. Les arguments, avancés par l’organisateur, Monsieur Reskane, pour expliquer certains disfonctionnements ne sont pas recevables. Extraits d’un mail reçu :«c’est la faute à un groupe de Français venus accompagner leurs enfants. Ils n’ont, non seulement, pas payé leurs frais d’inscription (200 euros par tête) mais ils ont, en plus, volés des fruits, des gâteaux car ils mangeaient deux fois plus que les autres !» Ah ! ces Frenchies, de vilains gros ventres ! Pas très glorieux comme argument pour le patron d’une société qui répond au nom très chic de «Sporting management »

En tout cas, et pour finir sur une bonne note, je tiens à remercier les membres de l'équipe de la Protection Civile Algérienne qui nous ont baladé dans leur bus comme des rois du pétrole, et su faire, à table, le partage équitable des ressources. Merci à :

- Rachid Benadjal, dit «Grand rachid»(c’est le chauffeur du bus)

- Rachid Boulenouar, alias «Petit rachid» (N°2 au classement).

- Abdelaziz Benesenouci (8ème au classement)

-Et bien sûr, Habib El Tarr, alias «Habibi», le coach de toute cette couvée