Les fêtes de fin d’année sont parfois pleines de surprises. Des surprises si
marquantes que l’on se les remémore, toujours, des mois après. Ainsi en est-il du Marathon des Dunes qui s’est tenu du 28 au 4 janvier dernier, dans l’oasis de Tinerkouk, située à 70 kilomètres de Timimoun, dans le Sahara Algérien. Sportivement parlant, le Marathon des Dunes, c’est un peu comme le Canada Dry. Cela ressemble à un marathon dans le désert mais sans l’être vraiment. La compétition se compose, en fait, de trois étapes de 14 km. Les dunes, belles à croquer, vous tendent les bras. Mais, désolée, Mesdames, pour le râteau, la course se déroule sur du bitume. Heureusement, les amateurs de poudreuse dorée pouvaient, l’après-midi, accomplir en solitaires, leurs figures acrobatiques favorites.
Côté frisson, nous n’avions pas à nous plaindre. Moins 6 degrés la première nuit, sans duvet (équipement estimé inutile par l’organisation), cela forge le caractère. Le lendemain matin, l’expression des visages des concurrents frigorifiés comme des Hibernatus, et déambulant comme des pingouins au beau milieu du réfectoire, après une demi-heure d’attente dans le froid, en disait long sur la divine nuit passée sous la tente. Et sans électricité pour certains ! Ce qui, pour le journaliste tourisme venu juger de la qualité des installations était très fâcheux. Remercions, en passant, ce bricoleur tenace qui a réussi à remettre le courant !
Pour ce qui est de la course, ce fut un peu le fiasco. Ainsi, les départs donnés parfois avec une heure et demi de retard, conjugués aux changements surprise des tracés (trois fois en l’espace d’une nuit, voire une demi-heure avant le départ), à l’annulation de la première étape pour cause d’erreur de balisage sur l’unique route du circuit (là, ce fut le clou) ainsi qu’aux ravitaillements fantômes, attestent de la pagaille.
Certes, organiser un évènement dans le désert n’est pas simple. Il y a parfois des imprévus qui font partie du côté aventure de ce genre de séjour. Sauf que, à force de s’abriter derrière l’argument des aléas, on finit par cautionner des produits mal ficelés ou mal ciblés. Du coup, la qualité baisse et ce n’est pas rendre service au pays qui nous accueille. Une fois encore, les grands perdants sont, malheureusement, les Algériens. Ils ne le diront pas expressément car c’est un peuple très fier. Mais beaucoup de regards en disaient longs.
Le comble est que tous les ingrédients étaient réunis pour que ce soit une réussite : bon esprit des concurrents, paysages sublimes, accueil plus que chaleureux des habitants qui nous ont ouvert leur maison, leur potager et servi le couvert sans aucune arrière pensée, absence de mendicité, coût de la vie dérisoire (on n’arrivait pas dépenser nos 20 euros), nourriture locale (semoule, dattes…) et eau en quantité largement suffisante.
Alors, que s’est-il passé ? La communication, tout d’abord : complètement inexistante voire très folklorique par moment. Un comité d’accueil avec du thé et un espace pour se retrouver auraient permis aux participants de faire connaissance. Il aura fallu attendre le dernier soir pour que des tentes soient montées dans la cour centrale de l’école. L’alimentation était, par ailleurs, souvent insuffisante voire inadaptée, sauf au petit-déjeuner. Parfois, on devait se contenter d’une louche de soupe et d’un œuf dur. Pâtes, semoule auraient dû être ajoutées à chaque repas. C’est simple, pas cher et essentiel. Seul le pain était à volonté. L’idée de faire plaisir avec des frites a été un fiasco total. Normal, deux friteuses pour 600 personnes, le défi n’était pas tenable. Enfin, l’emplacement du bivouac à Tinerkouk était un peu isolé. La ville de Timimoun aurait été préférable, d’autant plus qu’il y avait un parcours splendide en face de l’hôtel phare de la ville.
Mon but n’est pas de démolir gratuitement cette course, ni les autres, d’ailleurs, qui pourraient mal se passer, mais au contraire de les améliorer. Au bout de la cinquième édition, on n’a, cependant, plus le droit de se tromper. Les arguments, avancés par l’organisateur, Monsieur Reskane, pour expliquer certains disfonctionnements ne sont pas recevables. Extraits d’un mail reçu :«c’est la faute à un groupe de Français venus accompagner leurs enfants. Ils n’ont, non seulement, pas payé leurs frais d’inscription (200 euros par tête) mais ils ont, en plus, volés des fruits, des gâteaux car ils mangeaient deux fois plus que les autres !» Ah ! ces Frenchies, de vilains gros ventres ! Pas très glorieux comme argument pour le patron d’une société qui répond au nom très chic de «Sporting management »
En tout cas, et pour finir sur une bonne note, je tiens à remercier les membres de l'équipe de la Protection Civile Algérienne qui nous ont baladé dans leur bus comme des rois du pétrole, et su faire, à table, le partage équitable des ressources. Merci à :
- Rachid Benadjal, dit «Grand rachid»(c’est le chauffeur du bus)
- Rachid Boulenouar, alias «Petit rachid» (N°2 au classement).
- Abdelaziz Benesenouci (8ème au classement)
-Et bien sûr, Habib El Tarr, alias «Habibi», le coach de toute cette couvée