A tout ceux qui me demande pourquoi je cours, je leur réponds que, en pratiquant ce sport, je me sens comme sur un petit nuage. Oui mais tu souffres ? C’est vrai, parfois, ça fait terriblement mal. Rappelons que l’homme, ce bipède sans plume, est animé par deux choses : l’instinct de conservation et la volonté de dépassement. Cela forme un équilibre précaire qui menace de rompre à tout instant. Voilà comment un jour, je ne sais pas par quel processus physico-chimique, on se sent pousser des ailes pour aller repousser ses limites. J’aurais pu me lancer dans le Shaolin kung fu, en Chine. Avec les belles guirlandes d ‘ampoules qui me décorent régulièrement les pieds, j’aurais passé sans problème l’épreuve des braises !
Ceci étant, rien ne semble mieux illustrer ma devise que la chanson phare «Désir, désir», interprétée par Laurent Voulzy et Véronique Jeannot (et que j’avais, évidemment, dans ma playlist). Cette année, une question me taraudait : est-ce que j’allais être capable de me farcir à nouveau 250 km avec tout ce que cela implique comme souffrance à encaisser. D’autant que cette année, on nous promettait un parcours chevronné. Il le fut. Je ne suis pas prête d’oublier cette fameuse falaise à 33 %. Composé de sable et de gros cailloux, on priait pour qu’il n’y ait pas d’éboulement. Un concurrent a, d’ailleurs failli se prendre un rocher sur la tête. Et dire que Michel Bach, célèbre figure du MDS, et son ami Didier (aveugle) l’on grimpé de nuit. Respect !
Je pense que, cette année, j’ai appris à mieux gérer l’effort et la douleur. Notamment sur l’étape des 76 km. Il s’agit pour l’immense majorité des coureurs, d’une longue étape de nuit, avec toute la complexité, et la magie, que cela sous-entend. Cette épreuve est assez éprouvante.Tellement que je suis victime d’une sorte de délire hallucinatoire. Pendant près de cinq heures, je suis persuadéé que des arbres bordent le parcours. Je vois des personnages vêtus de capes noires, à l’image de ceux qui évoluent dans le "Seigneur des Anneaux" (non j’ai pas fumé !). C’est assez perturbant et j’avance, donc, moins vite.
Par ailleurs, pour ne pas aggraver mes ampoules, j’ai choisi, d’emblée, de trekker avec des bâtons plutôt que de courir. Allure 5/6 km/h, en m’arrêtant à chaque fois aux CP, pour déchausser les pompes, sécher les chaussettes et manger. Le temps que l’on perd ici, on le récupère physiquement. En clair, on franchit la ligne d’arrivée moins cassé que ceux (mis à part les pro évidemment) qui enfilent les kilomètres sans s’arrêter. Beaucoup de concurrents inexpérimentés avançaient, en effet, comme des zombies, terrassés par la souffrance. Même si dans le MDS, il y a une forme de masochisme, il faut aussi qu’il y ait du plaisir. Sinon, une fois l’épreuve terminée, on risque d’être dégoûté de la course. C’est ce qui m’était arrivé l’année dernière. Plus envie de courir pendant deux mois.
Autre point important : la gestion de la douleur. Cela tient en un geste : ne pas se crisper lorsque l’on a mal mais au contraire se détendre pour accomplir les mouvements le plus naturellement possible. Plus facile à dire qu’à faire. Mais au bout de cinq dix minute, on y arrive.
Après trois tempêtes de sable, une bronchite asthmatique, des poussées de fièvre, seulement six ampoules dont deux beaux gyrophares (contre 18 l’an passé), deux belle gamelles dans l’oued sur la rotule, je m’en tire bien. Sans aucune courbature. J’aurais, d’ailleurs, bien fait deux étapes de plus ! Pour l’anecdote, Je les ai faites dans la boîte de nuit de l’hôtel Bel Air à Ouarzazate !
Seule ombre au tableau : Coup d’état au sein de mon équipe. «Les pommes de terre cosmiques» sont parties en purée. Mes équipiers ne me parlent plus. On s’est fâché sur la ligne d’arrivée. Je leur avais demandé de m’attendre. Ils ne l’ont pas fait. J’ai un peu râlé. Ils l’ont mal pris. Et de puis ne m’ont pas adressé la parole. C’est vraiment trop con.

il est en effet difficile d'expliquer et de faire comprendre la participation à ce genre d'épreuve. je passe pour un fou devant la souffrance que je peux encaisser,je constaste qu'une fois de plus après cette 2éme participation, je me suis surpris.C'est une grande épreuve de modestie que de nombreuses personnes devraient essayer.Une balade de 6 h dans le sable sous une température de 40°avec, une nuit au bivouac ,est je pense un bon moyen pour en calmer plus d'un.
Rédigé par: vincent j-françois | avril 28, 2005 à 07:59 AM
Les pommes de terre se fritent...
Rédigé par: Pappy Boyington | avril 28, 2005 à 09:31 AM
BONJOUR ? JE PRESENTE DAVID SEGHERS VOICI MON EMAIL seghersdvid@caramail.com
je voudrais avoir quelques idées sur le marathon plaisir que cela procure et biensur la souffrance car je dois faire un exposé sur cete mythique course.
Pouvez vous m'aider
merci de votre compréhension car votre expèrience me serait très utile.
M seghers david
Rédigé par: seghers | septembre 20, 2006 à 09:04 AM