Ce n'est pas la fleur au fusil que mon pote Antoine et moi étions partis courir le raid pédestre Valencia/Montpellier, une course en semi autosuffisance en huit étapes et dont nous avions gagné une partie des droits d’inscription. Ceci étant, nous étions confiant, certain que tout allait bien se passer. La veille du départ, on a eu la bonne idée d’aller voir le film «camping» - vu qu’on dormait dans les campings espagnols -, histoire d’avoir des munitions de blagues à se raconter pour alimenter ce long périple. Ah ! On rigolait bien avec notre mega paquet de pop corn.
Sur la course, c'était pareil. On s'est perdu maintes et maintes fois (on n'a d'ailleurs pas toujours compris la logique du balisage); on a longé des autoroutes épouvantables, trottiné sur des ballasts de chemins de fer ainsi que sur des galets énormes ; on a mangé des oranges ; on a fait du stop, on s'est pris une paire de chien en embuscade ; (en Espagne, les chiens sont partout et aboient à longueur de temps ; du coup, il faut parfois les mater) ; on s'est fait peur sur les crêtes de Catalogne ; on a eu mal aussi, surtout Antoine qui a été contraint d'arrêter au bout de la cinquième étape. Ce n'est pas faute d'avoir combattu jusqu'au bout la douleur. Mais parfois, il faut savoir s'arrêter. Quoiqu'il en soit, le lendemain, il s'est débrouillé comme un maître pour la mise en place du ravito lors du passage de la frontière. Je suis repartie tellement pompette que j'ai raté la balise. Je me suis retrouvée au fond de la vallée. Ensuite,il a fallu remonter.
Je ne suis pas prête d’oublier la via ferrata ni le pont suspendu. J’ai tenté de minimiser l’obstacle jusqu’au bout. Mais quand il a fallu y aller, j’ai cru que j’allais me pisser dessus de peur. Surtout lorsque le serre-file Paco m’a balancé, alors que j’étais collée contre la falaise :"si tu trouves pas ton appui, je lâche tout et on saute dans le vide !" J'ai appris, par la suite que mon équipier lui avait filé un bifeton pour me jeter dans le trou...Merci Paco !
En conclusion, je dirais que cette course aura été une aventure humaine très intense, encore plus forte que le Marathon des sables. Le fait que nous n’étions que vingt a permis de tisser des liens très forts entre nous tous. Le dernier jour, il fallait être à 13 heures à Montpellier. Cette contrainte signifiait que les derniers allaient être éliminés. Du coup, les premiers ont levé le pied et l’organisateur a dû arrêter la course avant l’arrivée ! Et nous acheminer en bus, pour participer à la marche d’amitié avec les enfants malades (voir photos). J’ai mis au moins un mois à redescendre de mon petit nuage .Raid Montpellier
Valencia
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